INTERVIEW MÉTIER : LE COORDONNATEUR SÉCURITÉ (CSPS)

28 Avril 2017

« Objectif : 0 accident sur le chantier de la 3e voie » 
Matthieu TRICHET - Coordonnateur Sécurité et Protection de la Santé, société Présents

En quoi consiste le métier de Coordonnateur Sécurité et Protection de la Santé, ou CSPS pour les initiés ?
Ce métier s'inscrit dans le cadre d'une mission réglementaire. Dès lors qu'au moins deux entreprises sont présentes sur un chantier, le maître d'ouvrage, en l’espèce VINCI Autoroutes réseau Cofiroute, a l'obligation de désigner un Coordonnateur SPS. Mon rôle est de prévenir les risques issus des activités entre les différentes entreprises et de favoriser l'utilisation de moyens communs sur le chantier. Un coordonnateur doit aussi se projeter à la mise en service de l'ouvrage afin de prévoir les mesures de sécurité nécessaires à l'exploitation. L'intervention du CSPS dépend de la place que veut bien lui accorder le maître d'ouvrage. Dans le cas du chantier de la 3e voie, VINCI Autoroutes réseau Cofiroute a des exigences très fortes en termes de sécurité et me donne donc un réel rôle pour assurer ma mission. Le coordonnateur SPS prévient également les risques liés à l'environnement du chantier.

Combien de personnes travaillent dans votre équipe ?
Je fais partie de la société Présents qui comprend une soixantaine de coordonnateurs SPS amenés à intervenir sur toute la France. Il n'y a qu'un seul coordonnateur SPS Titulaire par opération et ce peu importe la taille du chantier. En revanche, son temps de présence varie en fonction de la taille du chantier et de la place que lui donne le maître d’ouvrage. C’est un travail d’équipe car j'échange régulièrement avec les différents acteurs de projet. J'interviens dès la phase d'études, avant la réalisation du projet et lors de la phase travaux. Je suis en contact avec le maître d'ouvrage et le maître d’œuvre (société Egis), les entreprises travaux mais aussi avec les services de secours ou encore l'exploitant.

Quels sont les enjeux de votre métier sur le chantier de la 3e voie ? 
L'enjeu le plus important est celui de devoir coordonner les travaux avec la proximité des voies de l’autoroute sur lesquelles circulent les automobilistes.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
J'ai obtenu un diplôme d'ingénieur en prévention des risques. Il s'agit d'une formation plus axée sur les risques industriels, le bâtiment et les travaux publics restent assez peu abordés dans ce cursus. J'ai ensuite postulé pour une mission de conseiller en prévention sur une opération de travaux autoroutiers, la création d'un barreau autoroutier sur l'A87 au niveau de La Roche-sur-Yon. Cette première expérience m'a permis de découvrir le monde des travaux publics et de mettre en application mes connaissances. J'ai par la suite dû cumuler plusieurs années d’expérience pour devenir coordonnateur SPS, comme l'exige le poste. En fonction de l'expérience acquise, il est possible de suivre des chantiers d'importance exponentielle. J'ai commencé CSPS de niveau 3 sur des chantiers plus petits et je suis aujourd'hui CSPS de niveau 1 sur des chantiers de grande envergure comme celui de la 3e voie sur l'autoroute A10 entre Chambray-lès-Tours et Veigné.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Le fait que je sois amené à échanger avec tous les acteurs d’un projet : le maître d'ouvrage, le maître d’œuvre, l’exploitant, les entreprises, les services de secours et les institutionnels. J’ai la chance de travailler également avec tous les intervenants des entreprises : des compagnons au chef d'équipe, en passant par le chef de chantier jusqu'à la direction. C'est un métier très humain. Ce qui me plaît aussi c'est l’objectif 0 accident fixé par le maître d’ouvrage. Je dois mettre en place les moyens pour éviter que quelqu’un se blesse sur le chantier. C'est un objectif très motivant.