INTERVIEW MÉTIER : LE MAÎTRE D'OUVRAGE

29 Mars 2017

Vincent GALLET, Chargé de mission Infrastructures. Responsable du chantier.
VINCI Autoroutes, réseau Cofiroute 

En quoi consiste le métier de maître d'ouvrage ?

Pour résumer, le maître d'ouvrage est celui qui commande et qui finance un aménagement, une construction. Notre métier consiste à commander, auprès de bureaux d’études et d’entreprises travaux, un aménagement, ou plus globalement un objet à construire, puis à payer l'ensemble des entreprises et des prestataires qui interviennent pour le réaliser. Tout ceci s’inscrit dans un cadre réglementaire complexe qu’il faut respecter, des délais contraints et un territoire auquel il faut s’adapter. Mon travail consiste donc à coordonner tous les acteurs internes (entreprises travaux, fournisseurs…) et externes (administrations, communes, associations environnementales, riverains…) d’un chantier d’aménagement d’une infrastructure, en l’occurrence la 3e voie dans le cadre de ma présente mission, afin que les actions des uns ne viennent perturber les interventions des autres. Avec, au cœur de cette organisation : la sécurité de chaque personne intervenant sur le chantier ou traversant la zone de travaux.

Combien de personnes travaillent dans votre équipe ?

En interne, interviennent par exemple les équipes d'exploitation qui réalisent les missions de balisages et veillent à la sécurité de chacun. Des spécialistes du droit, des réseaux informatiques ou de l’environnement au sein de VINCI Autoroutes m’accompagnent également. Je m'appuie aussi sur des spécialistes externes à VINCI Autoroutes, qui interviennent sur d’autres volets comme la technique, le suivi quotidien des travaux, la communication autour du chantier, ou encore la sécurité... Pour vous donner un exemple, sur le chantier de la 3e voie, nous favorisons l’insertion des personnes éloignées du marché du travail. Dans ce cas précis, le recrutement et le suivi de ces personnes ont été confiés à des structures locales.

Comment faites-vous le choix des prestataires et des partenaires ?

Pour sélectionner les entreprises à qui nous confions les travaux, nous lançons des appels d’offres à l'échelle européenne. Nous nous conformons ainsi au cadre réglementaire des consultations européennes qui définit la manière précise dont nous devons procéder pour faire appel à une entreprise, la manière dont nous devons organiser la consultation et au final retenir celle qui répond le mieux à nos besoins. Pour des prestations plus spécifiques, nous faisons appel à des entreprises qui ont de l'expérience ou à des structures locales qui ont l'avantage de mieux connaître le territoire et ses acteurs.

Quels sont les enjeux de votre métier sur le chantier de la 3e voie ?

Les enjeux sont nombreux sur ce chantier ! En premier lieu, nous devons respecter notre contrat avec l’État en terminant les travaux dans les délais impartis : les nouvelles voies doivent en effet être mises en service fin 2018. Le budget est aussi un enjeu important. Mais le véritable défi reste la sécurité. En tant que maître d’ouvrage, nous mettons tout en œuvre pour préserver la sécurité de chacun, celle des salariés de VINCI Autoroutes, du personnel des entreprises de travaux et celle des automobilistes qui traversent tous les jours la zone en chantier. Mener un chantier dans une zone urbaine sans couper la circulation sur l'autoroute, tout en maintenant la circulation au-dessus et en dessous de l'autoroute est aussi un challenge de taille pour les équipes. Le but étant que chacun puisse continuer à vivre son quotidien malgré la présence du chantier. 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

Je sors d’une école d'ingénieurs spécialisée en aménagement du territoire à Tours (Polytech Tours). Je suis ensuite entré chez VINCI Autoroutes, c'était il y a 10 ans. J'ai débuté sur la construction de l'autoroute A85 qui relie Tours à Vierzon. J’ai continué sur le chantier du contournement nord d’Angers en 2008 puis sur le Duplex A86, le tunnel francilien qui relie Rueil-Malmaison à Jouy-en-Josas. Pour ce dernier, j’ai suivi tout d’abord les travaux, puis j’ai rejoint les équipes d’exploitation à l’ouverture du tunnel. Par la suite, je suis revenu dans le domaine des travaux pour m’occuper d'opérations d'élargissements, celle de l’A71 entre Vierzon et Theillay puis aujourd’hui celle de l’A10 entre Chambray-lès-Tours et Veigné.

Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Assurément, la variété des relations. Ce métier me permet de rencontrer quotidiennement des gens très différents comme les élus, les membres des associations, les riverains, les équipes du chantier... L’expérience de co-construire un projet avec et pour tous les acteurs du territoire est une aventure passionnante. Et puis, il y a les challenges techniques à relever…